
à Alain M.
L’esprit du chemin
Cet itinéraire brut de près de 500 km est avant tout un cheminement intime au plus près de la nature et de ceux qui y vivent. Il a été rêvé, imaginé, dessiné, parcouru, cartographié, mis en ligne par une poignée de vieux baroudeurs exclusivement bénévoles, des « vététérans » qui ont accumulé des décennies de prospections, découvertes, coups de coeur … et quelques galères et acquis année après année une solide culture du territoire. Ces rouleurs de pays sont à l’initiative de ce parcours façon gravel dédié aux amoureux de ces quelques grands espaces encore bien sauvages et préservés du Haut-Languedoc. À parcourir en autonomie avec des engins silencieux en total respect de l’environnement.
Into the wild. Le Languedoc profond.

Un brin de géographie
Le circuit décrit traverse de nombreuses unités paysagères, chacune avec un caractère bien trempé : Lauragais, Minervois, Cabardès, Montagne Noire, Caroux, Espinouse, Sidobre, Avant-Monts, Monts d’Orb… Le tracé de 485 kilomètres fait plus ou moins le tour du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc. Altitude moyenne 400 mètres, avec des sommets à plus de 1200 mètres au pic de Montalet et au pic de Nore. Autant de zones climatiques contrastées avec des influences océaniques, méditerranéennes et aussi montagnardes dans le nord. C’est un pays de vives eaux avec de multiples ruisseaux, de nombreuses rivières et même un fleuve, l’Orb. Sur la ligne de partage des eaux…ça coule de source. On y longe onze lacs, on y croisera aussi quelques parcs éoliens qui utilisent des vents puissants et réguliers, une des rares ressources du territoire avec l’eau et la forêt. Le Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc est boisé sur plus de 200 000 hectares, les deux tiers de sa surface, soit l’un des deux parcs régionaux les plus boisés avec celui du Vercors.


Une tranche d’histoire
Contrairement à ce que l’on pourrait s’imaginer, cette région a été habitée depuis la plus haute antiquité. La grotte de l’Aldène auprès de laquelle passe le circuit a révélé une occupation depuis le Paléolithique inférieur. Avançons dans le temps : la région abrite la plus grande concentration de menhirs et statues-menhirs de France après la Bretagne et la Corse. Elle sert de voie de passage entre les plaines méditerranéennes et le Massif central, entre le bassin toulousain et la Provence : chemins gaulois, voies romaines, drailles de transhumance, chemins de pèlerinage, chemins du sel empruntent les vallées mais aussi des itinéraires de crête. Sans oublier au XVII°siècle la Rigole, l’extraordinaire « chemin d’eau » de Pierre-Paul Riquet inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité. Au XIX° siècle c’est le chemin de fer qui perfore à son tour les paysages… jusqu’à la concurrence de la route. Ces hautes terres isolées ont pu également servir de refuge : cathares pourchassés, huguenots persécutés après la Révocation de l’Edit de Nantes, prêtres réfractaires à la Révolution, maquis, corps-francs de la Résistance, insoumis de toutes sortes. On garde encore ici la mémoire de Victor, « l’enfant sauvage » des Monts de Lacaune.

chemin de pèlerinage
dolmen de la Gante

cairn anonyme




Le Parc naturel régional du Haut-Languedoc
» Un Parc naturel régional, c’est un territoire rural habité reconnu pour son exceptionnelle valeur patrimoniale et paysagère. Chaque Parc naturel régional possède un projet de développement de territoire défini dans sa Charte. Celui du Haut-Languedoc a été créé en 1973. Ses missions : œuvrer au développement économique, culturel et social du territoire, tout en préservant et valorisant la richesse de son patrimoine naturel et culturel unique. Il met en place un ensemble d’actions de développement durable, avec et au service des habitants, partenaires et acteurs locaux. » (source: site du parc du Haut-Languedoc)
LE PARC NATUREL RÉGIONAL DU HAUT-LANGUEDOC EN CHIFFRES
Superficie : 307183 hectares (2022), 91 136 habitants (2022), 117 communes sur deux départements, Tarn et Hérault
Pour en savoir encore davantage :





la colombe cathare- Jean-Luc Séverac- Minerve
L’occitan
Les noms de lieux de ce pays de haut langue d’oc que tu parcours sont les pages d’un merveilleux livre. Trésors de mots pour désigner un détail remarquable, une singularité du paysage, ses occupants végétaux et animaux voire humains. Mais aussi témoins des peuples qui nous ont précédés. Depuis plus de dix siècles la langue d’oc a bercé lo païs et ses vivants. Les panneaux indicateurs de lieux sont autant de clins d’oeil, ils invitent à une osmose rafraichissante pour profiter pleinement de l’itinéraire. Savoir que Castras fut désigné ainsi car fortifiée à l’époque romaine, qu’une Vabre est un ravin encaissé, que La Cauna est la grotte, La Salvetat une bastide, cela vous rend l’environnement plus familier. L’on s’y sent mieux. Alors n’hésitez pas à vous lancer : castèl (château), fraisse (frêne), fau (hêtre), bruguièra (lande à bruyère), font (source), cambon (méandre), Braçac (domaine gallo-romain de Bracus, personnage gaulois), cabròl (chevreuil), garric (chêne)… Ils sont des milliers à venir vous saluer, à espérer ton attention. Savoir pédaler en intelligence avec l’environnement naturel, c’est forcément grandir.
Peïre Thouy, païsan naturalista
